29.11.2009

Ici plus qu'ailleurs se mêlent les yeux et le coeur...

Cimes enneigées qui chaque année m'apparaissez

Plus belles qu'hier, plus radieuses que l'hiver dernier,

Je ne désire qu'une chose: vous revoir, skier sur vos versants

Afin qu'ivre de votre beauté le soir en m'endormant,

Apaisée par votre majesté, le calme qui vous entoure,

Je puisse glisser dans mes songes le reflet de cet amour

Éternel que je vous porte, mes montagnes adorées,

Et qu'à la fin de l'hiver je n'ai qu'une idée: vous revoir cet été.

 

La neige aura fondu, votre manteau sera parti,

Ce drap immaculé aux cieux se sera enfui,

Mais votre beauté, renaissante, demeure

Et votre pureté sous le soleil jamais ne meurt

Les torrents rejaillissent et l'on peut s'y baigner,

Les lacs luisent le matin sous une faible clarté,

Cueillir des edelweiss, contempler le soleil couchant,

La montagne en été, un plaisir enivrant.

 

 

vtt-cd6img_3848c1.jpg

extrait de "Lettre à un jeune de 20 ans"

 "Les adolescents d’aujourd’hui ont peur d’employer des mots comme la fidélité, l’honneur, l’idéal ou le courage.

Sans doute ont-ils l’impression que l’on joue avec ces valeurs et que l’on joue avec eux. Ils savent que leurs aînés se sont abîmé les ailes. Je voudrais leur expliquer comment les valeurs de l’engagement ont été la clef de voûte de mon existence, comment je me suis brûlé à elles, et comment elles m’ont porté. Il serait criminel de dérouler devant eux un tapis rouge et de leur faire croire qu’il est facile d’agir. La noblesse du destin. humain, c’est aussi l’inquiétude, l’interrogation, les choix douloureux qui ne font ni vainqueur ni vaincu.oiseau.png

Que dire à un cadet ? Peut-être, avec pudeur, lui glisser dans la paume de la main deux ou trois conseils : mettre en accord ses actes et ses convictions ; pouvoir se regarder dans la glace sans avoir à rougir de lui-même ; ne pas tricher, sans doute la plus difficile, pratiquer et tâcher de concilier le courage et la générosité ; rester un homme libre.

J’ai toujours essayé de récupérer les débris de mon existence pour faire tenir debout mon être intérieur. Même en prison et réprouvé, j’ai cherché à être heureux.   

Un ami m’a dit un jour : « tu as fait de mauvais choix, puisque tu as échoué ». Je connais des réussites qui me font vomir. J’ai échoué, mais l’homme au fond de moi a été vivifié.

Je crains les êtres gonflés de certitudes. Ils me semblent tellement inconscients de la complexité des choses … Pour ma part, j’avance au milieu d’incertitudes. J’ai vécu trop d’épreuves pour me laisser prendre au miroir aux alouettes"

Hélie de Saint Marc

Toute une vie

18.11.2009

Le cor

580%20BOIS%20SOUSBOIS%20CLAIRIERE%20FORET.jpg

"J'aime le son du Cor, le soir, au fond des bois,
Soit qu'il chante les pleurs de la biche aux abois,
Ou l'adieu du chasseur que l'écho faible accueille,
Et que le vent du nord porte de feuille en feuille.

Que de fois, seul, dans l'ombre à minuit demeuré,
J'ai souri de l'entendre, et plus souvent pleuré !
Car je croyais ouïr de ces bruits prophétiques
Qui précédaient la mort des Paladins antiques.

O montagnes d'azur ! ô pays adoré !
Rocs de la Frazona, cirque du Marboré,
Cascades qui tombez des neiges entraînées,
Sources, gaves, ruisseaux, torrents des Pyrénées ;

Monts gelés et fleuris, trône des deux saisons,
Dont le front est de glace et le pied de gazons !
C'est là qu'il faut s'asseoir, c'est là qu'il faut entendre
Les airs lointains d'un Cor mélancolique et tendre.

Souvent un voyageur, lorsque l'air est sans bruit,
De cette voix d'airain fait retentir la nuit ;
A ses chants cadencés autour de lui se mêle
L'harmonieux grelot du jeune agneau qui bêle.

Une biche attentive, au lieu de se cacher,
Se suspend immobile au sommet du rocher,
Et la cascade unit, dans une chute immense,
Son éternelle plainte au chant de la romance."

(...)

Alfred de Vigny